L’école nationale des gardes-pêche

Albert Soulillou.

Septembre 1949.

Le braconnage n’en est pas resté aux méthodes pittoresques des Raboliots, nous confirme M. l’Inspecteur Général des Eaux et Forêts Larrieu, du département de la Pêche. Il ne cesse de se moderniser. Il suit les progrès de la science et ceux de la guerre. Au lendemain de 1918, ce fut la vogue de la grenade. La dynamite eut aussi sa belle part de l’hécatombe. Les lendemains de 1944 ont vu se déclencher une nouvelle offensive antipiscicole à l’explosif, l’arsenal habituel étant complété par le plastic.

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La vie du blog en septembre 2015

Peu d’activité sur le blog en ce mois de fermeture.

Pas de pêche à cause d’une entorse, donc 1 seul article publié et encore il ne concerne même pas Dame Fario …

mais peu importe, il y a eu quand même 361 visites sur le site, ce qui me convient amplement.

Vos 3 articles préférés depuis la création du blog:

NON du ruisseling

Amont ou Aval

Vu à la pêche

Les 7 pays qui me suivent le plus:

sept2015

Merci à vous de me lire et me suivre et dès que je peux je vous ferai une compile des belles de l’année  …

Le papillonnage.

Marcel Lapourré

Délégué au Fishing-club de France

Septembre 1952

La cuiller étant le leurre par excellence de tous les lanceurs de ferblanterie, il convient de lui consacrer, de temps à autre, quelques lignes pour l’édification des nouveaux adeptes.

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Je sais bien que plus de la moitié des lanceurs « léger » pèchent avec n’importe quelle cuiller, et n’importe comment, qu’ils parviennent même à accrocher quelques voraces, longs comme le doigt, et qu’ils conservent, hélas !

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La sauterelle noyée …

Denys Fabre,

Septembre 1951.

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Voici une pêche facile … et difficile, sportive et fructueuse : la pêche à la sauterelle noyée.

Facile parce qu’on peut la pratiquer en plein courant ou dans les eaux calmes. Difficile parce qu’au danger permanent d’être démonté par l’attaque violente d’une grosse pièce s’ajoute celui de l’accrochage dans les branches, les racines, les buissons de la rive. Car il est indispensable de se dissimuler aussi complètement que possible. Arbres penchés sur l’eau dont les branches frôlent la surface de la rivière, oseraies, amarines du bord sont les auxiliaires indispensables mais encombrants du pêcheur.

En effet, le principal « client » auquel il présente son appât est le chevesne, ou cabot. Doué d’une acuité visuelle exceptionnelle, sa voracité seule lui fait oublier la prudence :

« Ventre affamé n’a pas d’oreilles », et, fort heureusement pour le pêcheur, les yeux du chevesne sont aussi parfois trop attentifs à la chute d’un insecte appétissant. Cependant, il faut absolument éviter d’être vu. Pas de chapeau volumineux, de vêtements clairs : ce serait la bredouille. Et les « couverts » les plus compacts sont les meilleurs points de pêche.

Les belles « canastellées » réalisées jadis avant que l’Orb ne fût devenu une rivière herbeuse et encombrée par douze ans d’obstinée sécheresse ! Peupliers, osiers, saules, vergnes, depuis victimes d’un déboisement forcené, croisaient leurs branches au-dessus de l’eau. Tranquilles et confiants sous cette ombre, les gros chevesnes promenaient leurs nageoires rouges et leurs mufles camus. Gargantuas aquatiques, de leur gueule largement fendue ils happaient au passage tout ce qui passait à leur portée … quitte à « souffler » la trouvaille dont le goût ne leur plaisait pas. Leur chair était ferme, et les nouveaux parfums de naphtaline et de pétrole —dons d’industriels sans respect des lois et conséquence de l’inertie de la répression, — ne les imprégnaient pas encore. Oublions ces temps héroïques et passons à l’action.

L’attirail est simple. Une canne en roseau démontable de 4 à 5 mètres, scion souple mais nerveux, moulinet ordinaire ou pas de moulinet — il faut cependant prévoir des allongements ou raccourcissements fréquents déterminés par la densité du « courant », — pas de flotteur, bas de ligne nylon 18/100, hameçon 7 à 9, longue tige à palette, épuisette.

Le pêcheur trouvera ses appâts sur place le plus souvent. La sauterelle grise à ventre jaune clair, si commune dans nos prairies, donne des résultats remarquables. La taille devra être assortie à l’hameçon. Coupez les « couteaux » et les ailes. Le chevesne excelle à enlever l’appât par ces membres. Piquer la sauterelle de dos au niveau de la collerette à la nuque. Faire glisser l’hameçon tout le long du corps en remontant la sauterelle le long de la hampe, donner à l’appât la position allongée.

Contrairement à un préjugé trop répandu, il est absolument indifférent que la pointe de l’hameçon soit visible. Une minuscule parcelle de plomb à la tête de la sauterelle. C’est paré !

Il est 6 heures. Le soleil n’illumine pas encore la rivière. C’est le moment. Glissons-nous sans bruit sous le couvert. Avec un très léger « ploc », la sauterelle est tombée là-bas à 4 mètres du bord, dans le petit sillage que le courant produit en frôlant cette branche de vergne. Le fil descend lentement. De temps à autre, un léger coup de poignet fait remonter l’appât entre deux eaux. Ah ! le fil ne descend plus, il demeure immobile à la perpendiculaire. Oh ! pas longtemps. Car le voici qui se déplace en remontant le courant. Attention ! Ferrage net, mais sans brusquerie. Un départ furieux, sauvage : c’est un gros. Quelques coups de tête formidables. Maintenons-le en évitant les obstacles qu’il recherche, et le voici. Il arrive, la gueule grande ouverte et, comme dirait l’adjudant Flick, « les mains sur la couture du pantalon ». Un dernier sursaut, le plus dangereux. C’est fini. Épuisette et panier.

Nous continuons en changeant de place souvent. Après deux ou trois « bagarres », pas plus. C’est du sport : les kilomètres se succèdent à rechercher des « couverts » parfois fort éloignés les uns des autres.

Le soleil est très haut. Les captures s’espacent. Déjeunons.

Quelques pipes. Un peu de repos. Tout à l’heure, nous essaierons sur l’autre rive, quand le soleil aura cessé de l’incendier.

L’eau est maintenant assez transparente et c’est encore plus intéressant. La sauterelle est visible à un mètre de profondeur. Oh ! le beau cabot. Il fonce, s’arrête net à 2 centimètres de la sauterelle, semble, une seconde, l’observer et réfléchir, puis, lentement, ouvre ses larges mâchoires et engaine. Il demeure un instant immobile. C’est le moment. Ferrage et … démarrage en trombe. La corrida recommence. La belle brute. Il va tout casser, le scion plie, mais le nylon tient bon. Allons ! vieux ! n’insiste pas. Si ça peut te consoler, on t’accordera les honneurs de la mayonnaise.

C’est la pêche à vue, la plus émotionnante.

Mais d’autres poissons se laissent séduire par la sauterelle noyée. Le fil s’est immobilisé. Allons bon ! une racine. Ça tient … mais ça bouge lentement, puissamment, et, dans un remous, paraît une tête ornée de moustaches à la gauloise. Un barbeau. La bagarre sera plus longue, car le barbeau se défend rudement.

La « siège » (1) se laisse prendre au moment où, l’appât arrivé à bout de fil, le pêcheur le remonte pour recommencer la passée.

Enfin, la reine des eaux douces est très friande de la sauterelle, et la gourmandise nuit à sa prudence proverbiale.

La grosse truite, aujourd’hui si rare dans l’Orb, qu’elle peuplait jadis, en est souvent victime. La pêche à la sauterelle noyée est une pêche d’été. De juin à fin septembre, le matin et le soir elle donne de magnifiques résultats.

Lui sont défavorables : les changements de temps brusques, les sautes de vent, l’orage — en dépit du préjugé qui prétend que le temps orageux est un facteur de réussite.

Ce n’est pas la grrrande pêche. Elle fera sourire nombre de lanceurs de ferraille, de tourneurs de mayonnaise, mais je suis de ceux qui jugent un système de pêche au contenu du panier.

(1) La siège, en Languedoc, est une variété de vandoise aux habitudes assez semblables à celles du chevesne.